Le régulateur de l’audiovisuel turc verrait ses pouvoirs étendus aux contenus en ligne

Particulièrement mentionné dans l’actualité turque pour ses lourdes sanctions contre un célèbre télévangéliste suite à la diffusion d’émissions jugées sexistes [article de presse – en anglais], le Conseil supérieur de la radio et de la télévision (Radyo ve Televizyon Üst Kurulu, ou RTÜK) était déjà la veille au cœur de révélations sur un projet d’extension de ses pouvoirs aux programmes sur internet [article de presse – en anglais]. La réforme instituerait un système de licences permettant au régulateur de bloquer, au nom de la sécurité nationale ou de la moralité publique, des contenus audiovisuels destinés aux médias sociaux, aux plateformes de streaming (gratuites ou payantes) et aux services de vidéo à la demande.

Dans un contexte de forte défiance de l’exécutif à l’encontre de la presse suite au coup d’Etat manqué de 2016, les opposants au projet se sont empressés de dénoncer le risque de censure politique que ferait courir la possibilité, non exclue à ce stade, de refuser une licence de diffusion sans fournir les motifs de ce refus. Les sanctions envisagées en cas de non-respect des décisions prises par le RTÜK sur ce fondement n’étaient par ailleurs pas exposées clairement dans le texte soumis au parlement. La multiplication ces derniers mois des fermetures administratives de médias d’information et des poursuites judiciaires à l’encontre de journalistes ou de chroniqueurs laissent présager, selon certains observateurs, une importante auto-censure chez les internautes turcs en cas de concrétisation de ce projet [article de presse – en anglais].

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