En Inde, le film polémique « Padmaavat » sauvé de la censure par la Cour suprême

Padmaavat, film épique bollywoodien mettant en scène la mythique reine hindoue Padmavati et le sultan Alâ ud-Dîn Khaljî dans l’Inde du XIVe siècle, a vu sa projection confirmée pour l’ensemble du pays par la Cour suprême [article de presse – en anglais]. Celle-ci avait été saisie de multiples tentatives de censure suite aux menaces de violences agitées par des membres hindous de la caste des Rajputs, irrités par la romance supposément dépeinte dans cette œuvre [article de presse – en anglais], à rebours de la légende selon laquelle Padmavati se serait immolée pour échapper aux avances du monarque musulman. Figure hautement respectée et même divinisée pour cette raison au sein de la communauté Rajput, la reine Padmavati y est appréciée comme un symbole d’honneur pour les femmes [article de presse – en anglais].

Le film avait pourtant été autorisé après son examen, en présence d’historiens, par le Central Board of Film Certification (CBFC). Sous pression, le réalisateur Sanjay Leela Bhansali avait lui-même procédé à des coupes. L’auteur a constamment démenti les rumeurs de scènes blasphématoires dont son œuvre fait l’objet.

Après avoir rejeté la demande d’interdiction générale dont l’avait saisie un avocat, la Cour suprême a levé dans une injonction du 18 janvier la censure instaurée par les gouvernements de quatre Etats. Elle a confirmé cette décision suite aux appels interjetés par le Madhya Pradesh et le Rajasthan [article de presse – en anglais], deux Etats dominés par le Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste hindou du premier ministre Narendra Modi [article de presse – en anglais]. Face aux arguments tirés de risques de troubles matériels à l’ordre public, les juges indiens ont notamment répondu qu’il revenait aux autorités locales d’assurer elles-mêmes et par d’autres moyens la sécurité autour des cinémas concernés [article de presse – en français].

Depuis la sortie du film, l’Inde assiste à divers épisodes de violence et de vandalisme dans les régions majoritairement hindoues du pays. Face aux tensions et aux menaces pesant sur l’équipe du film, les autorités ont dû déployer des unités anti-émeutes et même fermer certaines écoles dans la banlieue de Delhi [article de presse – en français].

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